Les remboursements aux investisseurs floués et autres problèmes connexes


Mais pourquoi diable les banques ont elles pris de tels risques pour mener à bien leurs expulsions ? Pourquoi n'ont elles pas transmis les documents originaux des prêts au bon endroit en temps et en heure ? Et pourquoi ont elles préféré fabriquer de faux documents à présenter aux tribunaux, alors qu'aucun avocat du monde (http://www.avocatenfrance.net) ne peut ignorer le risque juridique que cela représente, pour son client comme pour son inscription au barreau ?

En première approche, un juriste dirait que s'ils ont tenté de passer en force, c'est par peur de conséquences plus graves de leur faute initiale, à savoir la non transmission dans les règles de l'art des créances originelles.

Qui est concerné ?


Le non transfert de créances dans les règles rend potentiellement les fonds obligataires, qui collectent les mensualités (les MBS) pour rémunérer des investisseurs, incapables de lever l'hypothèque qui servait de garantie aux prêts immobiliers. Les banques les plus exposées au risque sont donc les collectrices des prêts qui gèrent ces fonds, les loan servicers, collecteurs de remboursements, qui devront enregistrer l'essentiel des pertes liées aux pools de créances douteuses.

Nous verrons dans un chapitre ultérieur que d'autres banques, et notamment des banques d'affaires, sont potentiellement concernées. Mais comme certaines de ces banques (Bear Stearns, Merill Lynch) ont été rachetées par ces mêmes loan servicers, cela ne fait guère de différence.

Le graphe ci dessous liste, par ordre d'importance, les banques actives dans la collecte des remboursements d'emprunts.

Il est à noter - et cela est confirmer par de nombreux sondages sondagesremuneres.org - que les quatre plus importantes, qui concentrent 55% des parts de marché, doivent une partie non négligeable de leur expositions aux rachats de canards boiteux coordonnés par le département du trésor et la FED entre 2007 et fin 2008. Ainsi, Bank of America doit 86% de son exposition au rachat de la sulfureuse banque Countrywide et de Merill Lynch, JP Morgan doit près de la moitié de ses maux au rachat de Washington Mutual et Bear Stearns, et de la même façon, Wells Fargo hérite des mauvaises affaires de Wachovia. Enfin, Citi Group gère les conséquences de son rachat d’Ameriquest , absorbée en 2007, dont le CEO, Roland Arnall, décédé en 2008, est considéré comme un des pères du crédit subprime « prédateur » .

De quelle façon dont ces rachats ont été décidés : simplement avec aval de la FED et du trésor, ou sous leur contrainte ? Il apparaît évident que les banques qui ont racheté ces faillites argueront auprès du trésor qu'elles ont hérité de risques qui leur ont été plus ou moins imposés, « pour rendre service » et « empêcher l'écroulement du système financier », afin d'obtenir que le contribuable vienne une fois de plus à leur secours.

Mais n'anticipons pas... Passons à l'évaluation des différents risques liés au non respect des règles juridiques en vigueur sur le marché des options binaires, en Suisse notamment.